Mode & engagement / Please slow down

4 février 2019

Directeurs artistiques jetables, pression de la fast fashion et du digital sur les rythmes du luxe, augmentation du nombre de collections, pression du calendrier officiel des fashion weeks… Pour que la mode ne soit pas un tunnel anxiogène, certains directeurs artistiques ont refusé le job : Raf Simons, Christopher Bailey, Demna Gvasalia … et de jeunes marques en voie de développement ont décidé de sortir de la machine infernale pour faire de la mode autrement et impulser de nouveaux rythmes de consommation. Approfondis et ralentis.

Le système de la mode, désormais, fondé sur une prolifération de collections, favorise une « mode jetable », une volonté de consommation augmentée et, finalement, des cadences effrenées de production et de création. En effet, si le rythme intenable des collections devient antinomique avec l’idée même de création, il paraît nécessaire que la mode et le luxe s’accommodent de la vitesse pour s’inscrire dans une démarche plus responsable. Selon Paul Virilio, essayiste et penseur de la vitesse, « pour être complète, l’écologie doit aussi devenir l’écologie du temps. »

Raf Simons, ancien DA successif chez Dior et Calvin Klein, a été l’un des premiers à dénoncer ces rythmes et à s’en extraire  pour retrouver le temps de la création. Parallèlement à cela, la jeune création, avec des instigateurs tels que Marine Serre ou Amélie Pichard choisissent de proposer une autre temporalité, de prendre le temps de créer, de suivre leur propre rythme et leur propre échelle de production. Plutôt que de proposer de la nouveauté tous les deux mois, ces jeunes marques préfèrent communiquer sur la notion de prêt-à-durer, en capitalisant sur la durée de vie d’un produit et sa dimension créative unique, d’informer sur la valeur du temps pour apprendre à déconsommer. Le moins pour le mieux, le respect du temps et du savoir-faire.

« C’est à toi de décider du nombre de vêtements fabriqués, ne pas céder au rythme infernal des grosses machines, vient un moment où il faut trancher entre le blé et l’éthique. » Marine Serre, « Déshabillez-les ! », 6 octobre 2018, le Monde Festival.

 

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