TRENDSHOT FROM SEOUL : RHYTHM OF THE NIGHT

7 septembre 2017

Longtemps occulté par la lumière Tokyoite, Séoul est en passe de devenir le nouveau HUB Asiatique. Si l’on a tous en tête, les images du célèbrement slow, Lost in Translation de Sophia Coppola ou du psychédélique Enter the Voi, signé Gaspard Noé, il est difficile d’avoir en tête une image précise de Séoul by night, au delà de la vague idée d’une mégalopole immense hérissée de buildings aux inspirations post-soviétique. 

Malgré un décor encore confus, le pays connait une émergence sans précédent propice à la construction d’une sous-culture bouillonnante, notamment sur la scène nocturne, plurielle et contrastée loin des très lisses pop star de K-Pop. Deux éléments historiques ont façonné la façon de sortir des Coréens, le couvre-feu de 22h, instauré par le dictateur Park Chung-Hee jusqu’au début des années 80 et l’absence de toutes substances illicites, excepté l’alcool, conduisant les Coréens à dénicher toutes sortes de lieux cachées pour sortir.

Ce qui choque, la première fois ici, c’est la luminosité électrisante à la tombée de la nuit. Les néons sont partout, clignotants, criards, sur un fond bruyant de K-Pop et des aboiements stridents des rabatteurs hurlant leur offre de la soirée. Puis, au détour d’un escalier escarpé, on descend ou l’on monte selon le cas, et, une porte sur un nouveau monde s’ouvre. La plupart des lieux de la scène-underground Séoulite se trouvent en sous-sol ou sur le roof top d’un immeuble aux airs désaffectés.

Seendosi

Ces lieux sont souvent ouvert par des crews d’artistes, tel que le SEENDOSI – tenus par trois amis artistes dont l’un est actuellement exposé dans le cadre de l’exposition DO IT, au Ilmin Museum. Entre Euljiro et Jongno, centre ville de Séoul, dans une des dernières zones industrielles, aux trois derniers étages d’un immeuble, les trois amis ont installé leur atelier à l’un des étages et on fait des deux derniers un espace bar/concert, agrémentés d’un rooftop, pour les projections de film estivales. Aves ses allures psychédéliques, c’est un lieu fard de la scène underground Coréenne.

channel 1969

Ouvert il y a une dizaine d’années et ayant déjà déménagé deux fois, le CHANNEL 1969, tenu par quatre amis, rythme aussi les nuits séoulites. En rupture avec l’idée conventionnelle du travail en Corée, qui, pour la majorité d’entre eux reste de décrocher un poste dans un des grands – cheabol – conglomérat, tel que Samsung ou LG, la clique a décidé de créer son propre lieu. Café la journée, bar et concert live en début de soirée et DJ la nuit, il gravite au CHANNEL 1969 toute une communauté. A l’image du lieu, la sélection musicale y est aussi hétéroclite, voguant de l’électro chill au hard rock, du disco à la sauce Coréenne à la nerdwave. La nerdwave -mouvement musical aux inspirations rock des années 80’ couplé de wave et son électronique- passionne, d’ailleurs, les Coréens qui se retrouvent chez son digne représentant le café/bar/club SUBSTANCE, berceau des groupes tel que SILICA GEL, incarnation du genre nerdwave, qui monte sur la scène Séoulite.

 Enfin, le plus secret de ces lieux demeure sans conteste, l’ovni CONSTANTE VALUE, soirée techno où le bar est improvisé dans  des glacières. Trouver l’endroit se révèle être une vraie chasse au trésor, quelques flèches ici et là, les Coréens finissent par se retrouver au troisième sous-sol d’une usine de papeterie. Ce lieu d’initiés n’a rien à envier au Berghain berlinois, avec une très bonne sélection de Dj et quelques Coréens très excités !

D’autres lieux plus intimistes et underground ravivent les nuits d’Itaweon ; le FAUST, le CAKESHOP, le plus ancien du quartier le MYSTIK. Mais en bon slasheurs, les Coréens peuvent très facilement passer la soirée dans deux clubs différents avec une escale obligée par le ‘nolebang’ (karaoké en Coréen) et le stop inévitable dans un ‘poju’ bar traditionnel, pour boire de la bière et du soju (alcool de riz, qui fait des ravages grâce a son prix dérisoire de 1€) ainsi qu’un bon ‘ramionesn’ et autres ‘rice ball’ pour se colmater l’estomac !

By Camille Montard our trendshunter from Seoul.

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