LES GRANDS PARISIENS // NICOLAS FOURGEAUD, JARDINIER PAYSAGISTE

Le 12 juillet 2017

Dans le cadre de notre conférence ‘Les Grands Parisiens’, nous sommes allés à la rencontre de parisiens intra et extra-muros qui font voir la vie en Grand. Nous partageons les histoires de celles et ceux que nous avons interviewé.

Nous retrouvons Nicolas, au jardin public des Lilas. Du vert au milieu des blocs, qui fait du bien. C’est de cela dont nous parlerons avec le Green Poète ‘Nicolas’.  Trouver le chemin qui nous amènera vers le mieux être en communion avec la nature, que les urbains doivent réapprendre à connaître, sans l’apprivoiser, mais simplement en l’observant et la respectant. Une rencontre, comme une bouffée d’air frais, teintée de philosophie.

 

 

MON HISTOIRE

Je suis jardinier paysagiste, avant j’étais graphiste. Après 14 ans de métier dans ce domaine là, j’ai ressenti une vraie forme de lassitude. J’avais fait le tour du métier et je ne supportais plus de rester 8 h derrière un ordinateur. J’avais besoin de prendre l’air.

Pour m’aider à y voir plus clair, j’ai fait une liste de ce que je voulais retrouver dans ma vie. Je ne voulais plus être enfermer au même endroit, je voulais rencontrer des gens, me déplacer, découvrir des lieux différents et trouver un métier qui avait un rapport, de près ou de loin, à la nature. J’avais besoin de refaire chanter mon cœur d’enfant car j’ai grandi avec la nature.

Je ne voulais plus avoir un rapport productiviste. J’avais envie d’une nouvelle vie. Vivre, c’est partir à la rencontre de l’autre et se remettre dans l’élément naturel, se rapprocher de la nature. Tous ces désirs forcent à ralentir, à prendre le temps et nous ramènent à être davantage dans l’instant présent.

LE RAPPORT AU TEMPS

Dans le végétal, le temps est long, ça change des métiers de communication où tout est ‘speed’. Indirectement, en choisissant cette nouvelle voie, c’était une manière de me rapprocher de ma mère qui a toujours aimé jardiner.

Plus jeune, quand elle me proposait de le faire avec elle, cela m’ennuyait. J’ai pris un autre chemin pour y arriver, mais j’y reviens à cette enfance… Être dehors me plait beaucoup. Je travaille beaucoup pour des jardins particuliers, mais aussi pour des entreprises, des co-propriétés. Je suis en charge de l’entretien et la création.

La création est toujours intéressante, parce qu’elle stimule et c’est ce qui nous survivra. L’entretien aussi est passionnant : j’apprécie ce temps ralenti pendant lequel tu prends le temps d’observer pour comprendre la nature, sa croissance et déterminer le milieu naturel le plus favorable pour chaque espèce.

UN MÉTIER SOLITAIRE

J’aime la solitude car elle m’oblige à être attentif à ce qui se passe autour de moi, à écouter tout ce qui sort des constructions idéologiques humaines.

MON LOOK

J’aime l’idée du jardinier, du marin du cavalier et en même temps je suis coquet. Moitié urbaine-moitié campagne. Être toujours dans l’idée de pouvoir partir me balader dans la nature même si j’ai une veste.

PARIS VILLE DE TOUS LES POSSIBLES

Paris est une ville mouvante, électrique, dans le bon sens du terme. Elle n’est jamais au repos. Elle accueille des gens tellement divers et variés, qu’il y a toujours le fantasme de la rencontre, amicale amoureuse ou du travail artistique.

MON GRAND PARIS

J’aimerais participer à la re-végétalisation du Grand Paris, grâce à des projets de permaculture, en multipliant les jardins japonais… Au jardin de Babylone, l’homme qui m’a formé avait imaginé végétaliser les gouttières d’évacuations grâce à des plantes grimpantes qui y puiseraient l’eau.

J’aimerais que la nature réinvestisse la ville. Pas simplement en multipliant les jardins publics mais en proposant des jardins potagers. L’idéal serait de réduire le temps de travail pour libérer du temps pour apprendre à faire pousser. Ainsi, tout le monde deviendrait jardinier. L’Homme n’est pas destiné à vivre et mourir dans du béton.

Il ne faut pas oublier que nourrir la terre c’est aussi se nourrir soi. C’est difficile à faire seul et du coup cela demande d’aller à la rencontre de l’autre. J’aimerais fonder un projet commun qui nous rapprocherait de la nature et de de l’être humain, sans aucunes barrières, ni préjugés.

Le Grand Paris me fait penser à la chanson de The Cure ‘Pictures of you’. Je trouve cette chanson mélancolique mais douce ; elle laisse aller à la rêverie et au possible. On a tous besoin d’être ré-enchanté.